"Je ne cherche pas ! Je trouve" (Picasso)
J'ai présidé ou participé à environ 500 jurys.
Parmi ceux ci, les soutenances de maîtrise occupent la première place, à Angers comme à St-Etienne ou à Paris. Disons le, j'aime bien le format d'une maîtrise qui permet de dégager rapidement (un an) de la connaissance nouvelle sur un sujet bien délimité. J'ai l'impression que les étudiants en retirent beaucoup tant pour leur vie professionnelle que pour leur vie personnelle, c'est en tous cas ce qu'affirme Vincent Lenhardt dans la magnifique préface qu'il a bien voulu me faire pour mon ouvrage "Le mémoire de fin d'études dans les écoles de commerce" (Ellipses, 2003, 92 pages).
En plus, avec une bonne maîtrise je sais que "mes" étudiants trouveront forcément un (bon) job en com ! et je trouve ceci très motivant, surtout lorsqu'il peuvent ensuite faire avancer (un peu) la société en décoinçant certains blocages. Il y a ainsi une sorte de démultiplication d'utilité sociale, ce qui me semble correspopndre à une des missions les plus importantes de l'université. Celle qui m'a pris tant de temps depuis des années.
Au contraire des maîtrises, j'ai participé seulement à quelques dizaines de jurys de troisième cycle. Et presque à chaque fois, je me suis demandé ce que ferait l'impétrant s'il n'entrait pas dans la carrière universitaire. Les SIC, comme les SHS n'en sont pas au degré de structuration des sciences dures où il est bien entendu qu'une thèse ne conduit que rarement à un poste universitaire ou assimilé (CNRS) mais beaucoup plus vers l'entreprise. Avec une bonne thèse, par exemple en informatique, on peut se retrouver nommé à l'état majeur d'Apple Californie. C'est une autre vision du monde de la recherche, plus orientée vers l'utilité sociale et économique, et c'est un peu la mienne, même si je mésestime pas la recherche fondamentale (mes travaux sur la distanciation avaient cette ambition).
Je milite pour que les thèses en SIC soient ouvertes sur les besoins, les réalités du monde économique et social, en le critiquant certes, ce qui est indissciable à tout esprit de recherche, mais en dépassant la critique pour CONSTRUIRE des édifices conceptuels pertinents et fiables.
C'est pourquoi, bien conscient que cette approche - très personnelle - présente des risques pour les jeunes doctorants, que je n'en accepte que très peu - mais avec la quasi certitude de leur totale réussite.
Si vous partagez ce positionnement politique, il reste à dire un mot du positionnement épistémologique. Heureusement, je l'ai assez fortement développé dans mes ouvrages sur les mémoires (université et ESC).
Je considère que le chercheur en SIC doit déjà faire preuve d'une large culture méthodologique partant des approches basiques (qu'on retrouve en sociologie) mais savoir aller beaucoup plus loin : grands concepts de la physique relativiste, ondulatoire et quantique, systémique, biologie, principes logiques du XXe siècle (incertitude, incomplétude, indécidabilité), sciences cognitives, autoréférence, clôture opérationnelle, enaction sans oublier la théorie des catastrophes, ls fractales, les sciences de l'imprécis et les techniques de modélisation ou les rapports microcosme/macrocosme. Tout ceci est (plus ou moins !) développé dans les ouvrages cités ou dans ce site.
De plus, mon attitude face à la problématisation est (très) critique. Je commence par rappeler dans mes ouvrages qu'elle n'a JAMAIS été synonyme de découverte scientifique mais bien plutôt d'administration, de contrôle ou d'optimisation de la production. A partir de cette critique radicale, j'ai mis au pont des outils permettant de construire (quand même !) des problématiques efficaces à partir de combinatoires d'hypothèses et de variables. La méthode est originale puisqu'elle propose des grilles de faisabilité en trois niveaux, de plus en plus complexes.
En somme, je pense que l'on peut découvrir des structures modélisantes qui ne déterminent aucun événement : je suis indéterministe dans un certain déterminisme structural comme l'enseigne la systémique. Ce qui veut dire que je rejette les travaux à base idéologique qui connaissent le résultat avant d'avoir commencé à chercher ! De même que je rejette le banal, le bruit, le discours poour le discours. Une recherche doit avoir une base concrête, elle doit partir du concrêt, le théoriser et revenir au concret comme l'exigeait Pierre Fougeyrollas.
Un bon (tout petit) exemple est donné avec mon analyse de Loft Story, il vous servira à vous déterminer par rapport à la recherche utile : Avec beaucoup d'articles relayés par la presse les chercheurs classiques ont établi:
Alors que reste-t-il à explorer ? Entre autres (je ne prétends pas tout décrire…) ce que j'avance dans mes articles : le succès de cette émission a tenu dans le recours à un très vieux schéma souvent exploité par Shakespeare ou Stendhal : l'alternace identification/distanciation. Sous cet angle, il y a des dizaines de questions à aborder en faisant avancer la connaissance de la réception médiatisée.Notre approche ne devrait pas être du bruit sur du bruit, mais fournir de l'originalité, du sens, des modèles heuristiques.
Pour conclure, si vous êtes (à peuprès) en accord avec ceci, entre autres comme l'a exprimé Abraham Moles dans les Sciences de l'Imprécis (Seuil, 1990), et que vous avez le goût du risque de travailler en dehors de tout labo institutionnel, vous pouvez me contacter pour que nous parlions de votre sujet de thèse ou d'HDR et déterminions ensemble VOTRE intérêt.
La direction de travaux de recherche s'effectue aujourd'hui dans des "Laboratoires". Je précise que ma formation d'origine (Math-Physique-Chimie) me fait sourire devant cette appellation. Les SIC seraient-elles devenues des sciences expérimentales ?
En fait il s'agit d'une copie de la structure traditionnelle des sciences dures. Autant je crois aux bénéfices des travaux collectifs, à la confrontaton des idées, des pratiques, des hypothèses, à la "fécondation croisée", autant je doute que les regroupements actuels soient très productifs, d'où le fait que je suis assez réservé sur cette approche pourtant quasi incontournable.
Elle a aussi l'inconvénient de conduire à un pilotage "collégial" rarement original, courageux et pertinent. Les grands labos ne brillent pas par leur intelligence (voir ce qu'en ont dit nos brillants prix Nobels).
Je crois davantage à la créativité des individus et à l'intelligence collective (Pierre Lévy) des réseaux qu'à toute planification dont les échecs des pays du bloc soviétique nous ont apporté la preuve de l'inanité.
Autrement dit,
je suis pour l'originalité (raisonnée), la
créativité (organisée) et l'engagement
(croisé) entre un directeur de recherche et un doctorant.
J'ajoute enfin que je me considère au mieux comme un coach,
c'est-àdire celui qui les aide à trouver la solution
sceintifique et non pas à imposer la sienne !!